Laura Garcia Vitoria

Territorios del conocimiento/Territoires de la connaissance Sociedad del conocimiento/Société de la connaissance : les regards sur l'identité personnelle et professionnelle dans la société de la connaissance

8/15/2007

Mon opinion vous intéresse?


Au moment où chacun de San Francisco à Bangalore évoque la nouvelle page à écrire sur l’Internet de demain - le fameux Internet 3.0 -, nous pouvons regarder avec davantage de sérénité la frénésie d’une partie de notre société à avoir l’œil rivé sur l’opinion du voisin et sa propension à utiliser tous les ficelles de l’interactivité, y compris lorsqu’elle ne présente pas le moindre apport en termes de savoirs ou d’expertise…
«Institutions et entreprises ont commencé à s'intéresser davantage à l'opinion que l'on a d'eux sur le Net», souligne ainsi Virginie Robert dans son récent article des Echos, en soulignant néanmoins - à juste titre - que ce qui peut intéresser les entreprises dans ce qui reste souvent une sorte de magma informationnel informe, ce sont les sujets de société et les hobbies et que si les produits d'une marque ne correspondent ni aux uns ni aux autres, une quelconque veille d'opinion ne sert évidemment à rien!
On peut largement élargir un tel propos: les outils qui s’apprêtent à sortir des laboratoires seront en effet basés tout au contraire sur des technologies très sophistiquées de la personnalisation du Web, loin du trompe-l’œil d’un quelconque web communautaire qui n’intéresse qu’une minuscule frange de notre société condamnée pour des raisons diverses à une large oisiveté.
«Web 2.0 n’est en fait qu’un microphénomène», souligne de même de son côté Francis Pisani sur son blog - un vrai -, «qui nous empêche peut-être de voir l’énormité des changements en cours», beaucoup plus complexes et en tout cas radicalement différents.
David Sifry lui-même (Technorati) souligne ainsi que la croissance de la blogalaxie se ralentit: à peine 20% des blogs recensés peuvent ainsi être considérés comme actifs - avec un critère lui-même bien contestable puisqu’il suffit d’avoir posté une fois en 90 jours pour être considéré comme “actif”…- et d’ailleurs la proportion décroît (27% en octobre 2006, 37% il y a un an), signe avant-coureur de l’essoufflement des faux-semblants de ces dernières années.
Chacun aura à l’avenir pour seule arme la structuration de ses propres connaissances et sa capacité à partager non point sa rhétorique sociétale, mais ses compétences les plus pointues. Une nouvelle génération d’écriture de soi est en gestation. Et là je saurai vraiment, dans une économie basée sur le seul savoir, si mon opinion vous intéresse…
Voir le blog de Francis Pisani

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