Laura Garcia Vitoria

Territorios del conocimiento/Territoires de la connaissance Sociedad del conocimiento/Société de la connaissance : les regards sur l'identité personnelle et professionnelle dans la société de la connaissance

8/02/2008

Tourisme 3.0 : une année de mutations des approches cognitives de l’économie touristique


Il m’a semblé utile pour introduire notre atelier sur le tourisme de la nouvelle session de l’Université d’été des TIC pour les collectivités territoriales (RURALITIC 2008), de tenter de mesurer les évolutions qui nous séparent de l’état des lieux détaillé qu’il m’a été donné de présenter l’an dernier. On peut les énumérer - le plus brièvement possible - de la manière suivante :
1 - le développement considérable des moteurs de recherche verticaux, des moteurs en l’occurrence réellement spécialisés dans le domaine du tourisme.
2 - l’explosion - largement prévue, mais néanmoins considérable - de la cartographie interactive dont les interfaces de programmation permettent de démultiplier, nous le verrons rapidement, les couches informationnelles au point de changer radicalement notre approche des espaces que nous appréhendons au travers des connaissances qui nous en sont données en temps réel.
3 - la matérialisation, voire la concrétisation aussi des visions prospectives issues très concrètement du développement, au cours des deux années qui viennent, d’un web sémantique qui permettra d’échanger de plus en plus facilement des données issues de systèmes hétérogènes, s’ouvrant ainsi par exemple aux services et aux attractions locales tenant compte toujours davantage des centres d’intérêt des touristes, une systématique informationnelle donc enrichie de conseillers de voyages virtuels et bien sûr d’un marketing territorial axé sur les outils de la mobilité.
Les moteurs de recherche verticaux
Ma victime préférée - le touriste « bobo », il faut bien l’évoquer, même ici, puisqu’il existe - a maintenant son moteur de recherche : il s’appelle « Fabsearch » (www.fabsearch.com) : on a pu dire très justement que c’était là le style de vie appliqué au marché de la recherche en ligne. Si vous cliquez sur Barcelone, il vous rappellera ainsi qu’en choisissant tel hôtel, vous épousez l’avis d’une chroniqueuse du magazine « Elle » et que si vous vous rendez dans tel restaurant c’est bien sûr en fonction de la chronique gastronomique d’un journal financier.
« Kayak », quant à lui, se veut plutôt « dénicheur de tarifs » (www.kayak.com). Mais au-delà de la comparaison de prix, il va vous donner par exemple à visualiser la courbe des prix sur les trois mois qui précède votre départ et le graphique prévisionnel des prix pendant le mois en question : vous saurez ainsi s’il vaut mieux réserver au dernier moment ou vous y prendre au plus tôt.
D’autres comme « Farecast » (www.farecast.com) s’inscrivent délibérément dans la « recherche intelligente de voyages », en soignant plus particulièrement par exemple l’envoi d’un fil RSS ou d’un email.
La carte interactive et la multiplication des couches informationnelles
Le meilleur symbole de la démultiplication des informations potentiellement disponibles est le NUVIFONE créé par l’entreprise Garmin et qu’il sera possible de trouver sur le marché dès cet automne.
Au-delà de l’adresse que l’on peut trouver - plus ou moins aisément - avec tout GPS, celui-ci fournit en effet un établissement par son nom ou une destination par sa catégorie grâce à une base de données comportant plusieurs millions de points d’intérêts : l’utilisateur se trouve ainsi guidé aussi bien graphiquement que vocalement par un dispositif qui se trouve ainsi capable d’indiquer tout au long du trajet l’ensemble des rues.
Un autre horizon s’est considérablement élargi pour tous les acteurs du tourisme. La mise en œuvre du standard de flux RSS géotaggés permet en effet de faire figurer aujourd’hui sur toutes les cartes en ligne les informations que l’on souhaite : les conditions météorologiques, les événements qui se déroulent sur votre territoire, votre menu du jour, votre offre tarifaire spéciale…
Une vision rapprochée d’une prospective de démultiplication des services
De Garmin, pas sons à l’entreprise Total Immersion : ses travaux en matière d’applications en matière de réalité augmentée sont en train de faire en sorte que lire un menu en chinois ne soit plus un problème : il suffira de filmer les caractères avec la caméra de son téléphone 3G pour qu’une voix livre aussitôt la traduction du dit menu.
Le principe, on l’a compris consiste présentement à utiliser la fonction de visiophonie du téléphone pour transmettre à un serveur une image - une photo ou un son, souligne l’entreprise de la région parisienne dont nous suivons les réalisations depuis plusieurs années - dont la reconnaissance déclenchera en retour l’envoi de données.
Des personnages peuvent ainsi surgir d’un guide touristique ou d’un dépliant. Alcatel - Lucent va ainsi développer toute une plate-forme supportant ce type de services.
Conclusion
Tout un agenda d’applications, de la commercialisation la plus rapprochée à la plus lointaine, émerge ainsi des laboratoires. N’importe quelle donnée ou image pourra ainsi être dans les années qui viennent superposée au monde réel, comme par exemple la lentille de contact truffée de circuits intégrés créée par des chercheurs de l’Université de Washington. Elle permettra ainsi de lire la notice d’un guide sans baisser la tête ou encore de zoomer sur une image. Sans le moindre danger pour nos rétines (les expériences sur l’homme commencent l’année prochaine), le tout fonctionne grâce à d’infimes diodes électroluminescentes et à des nano-capteurs de fréquences.
Mais ce n’est pas dans ces applications que résidera la difficulté majeure, que nous connaissons déjà : c’est dans la conservation bien sûr et la structuration des informations et des connaissances qui permet tout acte touristique et singulièrement l’itinérance cognitive.
RURALITIC 2007

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